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6 juin, 2009

sujets Amérique du Nord 2009

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Par rouxses le 6 juin, 2009 dans Terminale
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20 mai, 2009

Sujets Pondichery 2009

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Par rouxses le 20 mai, 2009 dans Terminale
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14 mai, 2009

10 juin 1968, reprise du travail aux usines Wonder à Saint Ouen

Cette petite séquence a été tournée par des apprentis cinéastes (étudiants à l’IDHEC) après les évènements de mai 1968. Elle a servi de base à un documentaire sorti en 1996 (« Reprise », d’Hervé Le Roux qui a retrouvé 25 ans après tous les protagonistes de cette scène et retracé leurs trajectoire).

Pourquoi  est-elle remarquable ?

Tout simplement parce qu’elle donne à voir l’évolution et les contradictions du mouvement ouvrier et de la lutte étudiante de mai 1968.

Trois personnages sont emblématiques :

-le syndicaliste (en costume) qui est favorable à la reprise du travail au nom des avantages gagnés lors des accords de Grenelle et des « luttes » à venir. Il incarne l’institutionnalisation des conflits et le réformisme syndical. Les conflits doivent déboucher selon lui sur des droits nouveaux (temps et conditions de travail, salaires,…). Pour lui mai 68 est une réussite.

- le jeune étudiant gauchiste, figure centrale du mouvement de mai 68, qui cherche à mobiliser les ouvriers mais ne sait pas trop comment leur parler et qui reconnait ne pas connaitre leur quotidien.

- la jeune ouvrière en colère qui refuse de reprendre son activité au nom des conditions de travail mais aussi parce qu’elle attendait plus d’un mouvement qui devait « changer la vie ».

Pour ces deux personnages la reprise du travail est le lourd symbole d’un échec et de la fin de leurs espérances.

Ce double mouvement, réformiste et révolutionnaire traverse l’histoire du mouvement ouvrier et sans doute plus largement de la gauche.

http://www.dailymotion.com/video/x3pqy8

Par rouxses le 14 mai, 2009 dans Terminale
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28 avril, 2009

Fiche de Lecture. Pierre Bourdieu. Sur la télévision. Par Marine Le Meur TES3

couverture

Résumer chaque chapitre du livre :

Avant propos : La télévision fait courir un danger très grand aux différentes sphères de la production culturelle (art, littérature, science, droit, philosophie…) ainsi qu’à la vie politique et à la démocratie. La télévision suivie par une partie de la presse subit la contrainte de la recherche de l’audience la plus large et d’une concurrence sans limites pour l’audimat. Bourdieu explique ensuite la manière dont il va procéder pour son analyse. Cette analyse n’est pas une attaque contre les journalistes et contre la télévision. Elle doit contribuer à donner des outils ou des armes à ceux qui combattent pour que journalisme et télévision qui auraient pu être un extraordinaire instrument de démocratie directe ne deviennent pas un instrument d’oppression symbolique.

1. Le plateau et ses coulisses : Pierre Bourdieu pense qu’il est important d’aller parler à la télévision sous certaines conditions : temps de parole illimité, pas de sujet imposé, pas d’intervention pour canaliser le discours…Si on accepte de participer à des émissions sans que ces conditions soient respectées, c’est que l’on est pas là pour dire quelque chose mais pour de toutes autres raisons, comme pour faire voir et être vu.

1.1- Une censure invisible : L’accès à la télévision a pour contrepartie une perte d’autonomie liée aux conditions de communication imposée. La censure exercée sur les invités et les journalistes a plusieurs origines : politique par la nomination des dirigeants, l’autocensure et le conformisme du a la précarité de l’emploi dans les professions de l’audiovisuel, les contraintes économiques et des mécanismes invisibles. Le règne de l’audimat a donné une place prépondérante aux faits divers qui étaient écartés auparavant par soucis de respectabilité. La télévision attire l’attention sur des faits omnibus qui sont sans enjeux. Ce type d’information prend du temps d’antenne, denrée rare à la télévision. Ainsi, la télévision qui a une sorte de monopole sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population, en mettant l’accent sur les faits divers, en remplissant ce temps rare avec du vide écarte les informations pertinentes que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques. Elle creuse la division entre ceux qui peuvent lire des quotidiens sérieux et ceux qui ont pour seul bagage politique l’information fournie par la télévision.

1.2- Cacher en montrant : La télévision peut cacher en montrant autre chose que ce qu’il faut montrer pour informer, ou en montrant de telle manière que le sens ne correspond pas à la réalité. Les journalistes opèrent une sélection dans l’information, leur principe de sélection étant la recherche de sensationnel. Les journalistes sont en permanence à la recherche du scoop, ils se copient mutuellement en vue de devancer les autres, la recherche de l’exclusivité aboutit à l’uniformisation.

1.3- La circulation circulaire de l’information : Les produits journalistiques cachent des ressemblances profondes, liées notamment aux contraintes imposées par toute une série de mécanismes dont le plus important est la logique de la concurrence. Pour savoir ce qu’ils vont dire, les journalistes doivent savoir ce que les autres ont dit et calquent les sujets qu’ils vont traiter sur les choix journalistiques de leurs confrères. Les journalistes sont tous soumis à la contrainte de l’audimat. L’audimat est la mesure du taux d’audience dont bénéficient les chaînes de télévision. Il y a aujourd’hui une mentalité audimat dans les salles de rédaction, dans les maisons d’édition : on pense en terme de succès commercial. A travers l’audimat, la logique commerciale s’impose aux productions culturelles.

1.4- L’urgence et la fast-thinking : L’audimat à la télévision et la concurrence entre les journaux se traduisent par une pression de l’urgence pour avoir le scoop. Cette pression exercée par les journalistes les uns sur les autres génèrent des conséquences qui se traduisent par des choix, des absences, des présences. La télévision ne favorise pas l’expression de la pensée car il y a un lien entre la pensée et le temps, et, un lien négatif entre l’urgence et la pensée. C’est pourquoi les intervenants à la télévision émettent des idées reçues recevables par tout le monde. Ainsi, la télévision privilégie toujours les mêmes intervenants : des fast-thinkers qui proposent du fast-food culturel, des locuteurs habitués des médias.

1.5- Des débats vraiment faux ou faussement vrai : Il y a des débats vraiment faux où se confrontent des gens qui se connaissent, c’est un monde clos de personnes qui s’opposent mais de manière convenue. Il y a des débats faussement vrais, où l’on voit une série d’opération de censure : les présentateurs pratiquent des interventions contraignantes en imposant le sujet, en distribuant la parole… C’est un problème important du point de vue démocratique : tout le monde n’est pas égal. Des facteurs invisibles interviennent également : aucune liberté de parole, des règles fixant se qui peut se dire et ce qui ne le peut pas…

1.6- Contradictions et tensions : La télévision est un instrument de communication très peu autonome sur lequel pèsent beaucoup de contraintes, cet instrument apparemment débridé est en fait bridé. Lors de sa création, des sociologues estimaient que la télévision allait niveler, homogénéiser tous les téléspectateurs. Aujourd’hui la télévision a une énorme emprise sur les activités de production culturelle, scientifique ou artistique. La télévision a porté à l’extrême la contradiction entre l’autonomie nécessaire à la production culturelle, et, les conditions sociales utiles pour transmettre ces productions à tout le monde, conditions soumises à la pression du commerce par l’audimat. La télévision est un univers où les agents sociaux tout en ayant l’apparence d’être libres sont des marionnettes au sein d’une structure.

2. La structure invisible et ses effets : Pour saisir les mécanismes qui expliquent les pratiques des journalistes, il faut faire intervenir la notion de champs journalistiques. Le monde du journalisme est un microcosme autonome qui a ses lois propres : ce qui s’y passe ne peut être compris de manière directe à partir de facteurs extérieurs.

2.1- Parts de marché et concurrence : Pour comprendre ce qui se passe sur une chaîne de télévision, il faut prendre en compte tous les rapports de force objectifs : interactions visibles et les rapports de force invisibles. Les téléspectateurs et les journalistes ne perçoivent pas cette structure mais seulement ses effets. La concurrence économique entre les chaînes et journaux s’exerce par la concurrence entre journalistes qui doivent prendre en compte ce qu’ils font en raison de leur position dans leur organes de presse et du pouvoir de celui-ci en fonction de son poids économique et symbolique. L’apparition de la télé dans le champ journalistique marque la crise des journaux. (Un journal cesse d’être dominant lorsque son pouvoir de déformer l’espace autour de lui diminue et qu’il ne fait plus la loi).

2.2-  Une force de banalisation : Par sa puissance de diffusion, la télé pose un problème terrible au journalisme écrit et à l’univers culturel en général en produisant des effets inédits. Par exemple, le journal de 20h réunit plus de gens que tous les quotidiens français du matin et du soir. Pour atteindre un public étendu, un quotidien ne doit choquer personne et donc traiter de sujets omnibus qui ne soulèvent pas de problèmes. Ainsi, le travail des journalistes qui consiste à homogénéiser, banaliser, dépolitiser, convient parfaitement. La télé est parfaitement adaptée aux structures mentales du public. Les gens de la télé se font les portes parole d’une morale conformiste car les bons sentiments et les valeurs établies favorisent l’audimat. Dans les années 50, la télévision visait à former les goûts du grand public ; la télévision des années 90 vise à exploiter et à flatter ces goûts pour toucher l’audience la plus large.

2.3- Des luttes arbitrées par l’audimat : En fonction de la position de leur organe de presse dans l’espace journalistique et de leur position dans ces organes, les journalistes sont contraints à des interdits ou des injonctions éthiques. Poussées par la concurrence pour les parts de marché, les télévisions recourent aux méthodes des journaux à sensation, donnant une place prépondérante aux faits divers et aux nouvelles sportives. La télévision utilise tout ce qui ne nécessite aucune compétence spécifique préalable ou qui peut susciter un immense intérêt. Le champ journalistique est très dépendant des forces externes, il dépend très directement de la demande et il est soumis à la sanction du marché. On ne trouve pas dans le journalisme de justice immanente qui fait que celui qui transgresse les interdits se brûle et celui qui respecte les règles s’attire l’estime de ses pairs.

2.4- L’emprise de la télévision : L’univers du journalisme est un champ placé sous la contrainte du champ économique par l’intermédiaire de l’audimat. Et ce champ exerce lui-même une contrainte sur les autres champs en tant que structure. Les Hommes et les Femmes ont leur responsabilité, mais, ils tirent grandement leurs possibilités et leurs impossibilités par la structure dans laquelle ils sont placés et par la position qu’ils occupent. Avec l’autorité que leur confère la télévision, les journalistes jouent d’hétéronomie dans les différents champs sans que leur spécialisation professionnelle ne le justifie. Ces interventions extérieures sont menaçantes car elles peuvent tromper et empêcher l’émergence de jeunes intellectuels dont les œuvres ne garantissent pas de succès commerciaux.

2.5- La collaboration : S’exprimer à la télévision est une question centrale, par exemple la communauté scientifique devrait s’en préoccuper afin de protéger l’autonomie, condition du progrès scientifique. Pour que les médias imposent leur pouvoir sur des univers comme l’univers scientifique, il faut qu’ils trouvent des complicités dans le champ considéré. On peut analyser cette dépendance en disant que plus les gens sont reconnus par leur pairs pour leur compétences, plus ils sont portés à résister ; à l’inverse plus ils sont hétéronomes et attirés par le commercial, plus ils sont enclins à collaborer. La collaboration, entendue comme soumission sans conditions à des contraintes destructrices des normes et des champs autonomes est à combattre.

2.6- Droit d’entrée et devoir de sortie : La télévision produit deux effets. D’une part, elle abaisse le droit d’entrée dans un certain nombre de champ et d’autre part elle peut atteindre le plus grand nombre. Pour échapper à l’alternative entre élitisme et démagogie, il faut maintenir voire élever le « droit d’entrée » dans les champs de production, et, renforcer le « devoir de sortie ». Il faut défendre les conditions de production pour faire progresser l’universel, et en même temps, il faut travailler à généraliser les conditions d’accès à l’universel afin d’élever le niveau culturel des citoyens. On peut et on doit lutter contre l’audimat au nom de la démocratie. La télévision régie par l’audimat contribue faire peser sur le consommateur supposé libre et éclairé les contraintes du marché, qui ne sont pas l’expression démocratique d’une opinion collective éclairée, rationnelle.

Annexe – L’emprise du journalisme : L’objet ici est l’emprise que les mécanismes d’un champ journalistique de plus en plus soumis aux exigences du marché exercent, d’abord sur les journalistes, et ensuite en partie à travers eux, sur les différents champs de production culturelle, champ juridique, littéraire, artistique, scientifique.

Quelques propriétés du champ journalistique : Le champ journalistique s’est constitué au XIXe siècle autour de l’opposition entre les journaux à sensation et les journaux à analyses et commentaires objectifs. Deux principes de légitimation du champ journalistique s’opposent : la reconnaissance par les pairs accordée aux journalistes respectueux des valeurs internes, et, la reconnaissance par le plus grand nombre matérialisé par le profit financier. Le champ journalistique est soumis en permanence aux verdicts du marché, à travers la sanction directe de la clientèle ou indirecte de l’audimat. Effet peu favorable à l’autonomie, la concurrence incite à surveiller en permanence les activités des concurrents afin de profiter de leurs échecs en évitant leurs erreurs, et de contrecarrer leurs succès en essayant d’emprunter les instruments supposés de leur réussite. Ainsi, la concurrence favorise souvent l’uniformité de l’offre.

Les effets de l’intrusion : Le champ journalistique s’introduit dans le champ politique, juridique, culturel etc… et menace leur autonomie en renforçant ceux qui sont le plus enclin à plaire au plus grand nombre et à faire du profit. Sur le plan culturel, l’art (ou encore la science) est soumis au verdict universel. Le champ politique a en commun avec le champ journalistique d’être placé sous l’empire de la sanction du marché et du plébiscite. L’emprise du champ journalistique renforce les tendances du champ politique à se soumettre à la pression des attentes du plus grand nombre, parfois passionnelles et irréfléchies, et, souvent constituées en revendications par la presse. La presse surtout télévisée agit comme le sondage qui instaure une relation directe avec les électeurs sans médiation. Enfin, le champ juridique, loin d’obéir à des vérités et des valeurs universelles, est également traversé par des contraintes qui bouleversent les procédures ou les hiérarchies sous la pression des nécessités économiques ou la séduction des succès journalistiques.

Petit post-scriptum normatif : Pierre Bourdieu explique ici que son livre n’est pas une accusation ; il met seulement en lumière des mécanismes qui vont à l’encontre du droit et de la démocratie. Pour lui, son analyse peut permettre aux gens de se rendre compte de tous ces mécanismes et de s’en libérer pour pouvoir penser par eux-mêmes. Il pense que les « véritables intellectuels » (écrivains, savants, artistes…) devraient d’allier pour défendre les droits de leurs champs.

Avis personnel sur cette œuvre : Ce livre de Bourdieu traite d’un sujet qui est tout à fait d’actualité et il le traite bien et de manière complète. Dans son étude, Bourdieu se met au niveau de tous avec un langage clair et explicite (bien que légèrement compliqué de temps à autre) pour permettre à tous de se faire une idée des mécanismes qui ont une emprise sur le journalisme (le marché, le profit et l’audimat) et qui poussent le champ journalistique à s’introduire dans d’autres champs et supprimant leur autonomie. Après avoir lu ce livre, on voit et surtout on regarde la télévision d’une autre façon en pensant que celle-ci supprime nos droits et le principe même de démocratie. C’est peut être d’ailleurs le seul bémol de cette analyse car même si la majorité de ce que dit Bourdieu est vrai, son approche est pour moi trop dénonciatrice et excessive et je pense qu’il reste encore des programmes culturelles et politiques intéressants.

Note de M. Roux:

Bravo Marine pour cette fiche très complète.

Cet ouvrage est tiré d’une allocution de Pierre Bourdieu, dont voici la vidéo qui complètera ta synthèse:

http://www.dailymotion.com/video/xnxqt

Par rouxses le 28 avril, 2009 dans Terminale
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26 mars, 2009

Le système scolaire finlandais

Mardi 31 mars, de 15 heures à 17 heures, tous les lycéens de Pape Clément vont se concerter avec leur professeur principal pour faire des propositions concrètes visant à réformer le lycée.  Les thèmes abordés seront :

- la classe (effectifs, emploi du temps, groupes…)

- le temps scolaire

- apprendre à apprendre

- la vie au lycée et la démocratie lycéenne

- l’évaluation

Pour préparer cette concertation, je vous invite à visionner ce petit documentaire belge sur le modèle finlandais qui fait tant parler de lui.

Cliquez ici

Par rouxses le 26 mars, 2009 dans Terminale
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2 février, 2009

Une réflexion sur la valeur travail et la précarité

Loïc Wacquant (encore lui !) nous livre son analyse de la transformation de la place du travail dans la société et de la mutation du marché du travail. L’ »insécurité sociale » (R. Castel) y est naturalisée par une idéologie néo-libérale (qui trouve une illustration parfaite dans le sport): chacun devient l’entrepreneur de sa propre vie, les gagnants d’un côté, les perdants de l’autre. La prison devenant la « voiture-balai »du marché du travail qui ramasse les plus exclus.

http://www.dailymotion.com/video/k2wGmW9adrc39G1Cta

Par rouxses le 2 février, 2009 dans Terminale
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29 janvier, 2009

De l’Etat social à l’Etat pénal

Le libéralisme ce n’est pas moins d’Etat, mais plutôt le recul de l’Etat social et la montée de l’Etat pénal, l’insécurité sociale générant l’insécurité tout court.

C’est la thèse que défend le sociologue français Loïc Wacquant qui enseigne aux Etats-Unis et observe l’évolution de la société américaine.

http://www.dailymotion.com/video/k52kweSripyZpSqgCK

Par rouxses le 29 janvier, 2009 dans Terminale
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15 janvier, 2009

La saga Lenôtre

Le pâtissier Gaston Lenôtre est décédé jeudi dernier. Une vie d’entrepreneur qui révèle l’importance de l’innovation. En créant un « service traiteur », G. Lenôtre a su faire sortir son activité du cadre de sa boutique et prendre le train de la mondialisation. Une trajectoire qui révèle aussi l’importance des réseaux, sa clientèle huppée ayant contribué a asseoir sa réputation . Il est enfin à noter que cet empire ne lui appartenait plus depuis 1985, date de la prise de contrôle de son entreprise par le groupe Accor.

 

La saga Lenôtre dans Premiere lenotre-16_130

Le grand pâtissier Gaston Lenôtre est décédé des suites d’une longue maladie jeudi 8 janvier à l’âge de 88 ans à Sennely, en Sologne, dans la maison où il s’était retiré avec sa seconde épouse au début des années 1990.

Né le 28 mai 1920 à Saint-Nicolas-du-Bosc, petite commune normande de l’arrondissement de Bernay (Eure), il avait commencé modestement sa carrière de pâtissier à Pont-Audemer (Eure) au lendemain de la seconde guerre mondiale. Sa réputation s’établit rapidement auprès des habitants de cette petite ville et des familles parisiennes aisées en villégiature dans la Venise normande. L’une d’elles l’encourage vivement et l’aide à s’installer à Paris, 44, rue d’Auteuil en 1957. Travailleur infatigable, passionné et curieux, Gaston Lenôtre est aussi un charmeur, toujours souriant, qui sait trouver le mot juste pour une clientèle huppée et souvent connue, notamment les familles Dassault, Hersant, Lagardère. C’est d’abord pour elles qu’il offre bientôt, au début des années 1960, un service traiteur. Un trait de génie qui le met au contact des puissants et le conduit jusqu’à l’Elysée au temps du président Georges Pompidou. Il travaillera ensuite pour ses successeurs.

Entre-temps, il installe son laboratoire à Plaisir (Yvelines) en 1968 et prépare l’ouverture, en 1971, de l’Ecole Lenôtre qui formera bientôt une nouvelle génération de pâtissiers. Le jeune Alsacien Pierre Hermé y entreprend son apprentissage en 1976, à l’âge de 14 ans. Il restera six années à Plaisir, où il rencontrera le chef Alain Ducasse venu effectuer un stage d’entremétier.

La création de cette école, où l’on forme bientôt à tous les postes de la brigade de cuisine, autre trait de génie de Gaston Lenôtre, est aussi un trait de caractère. L’originalité du grand pâtissier aura été de mettre sans relâche l’accent sur le travail bien fait. Il a été un passeur remarquable, un initiateur plus qu’un novateur, accordant la plus grande importance au produit, à la démarche et au travail. On ne voit jamais une photographie de Gaston Lenôtre à cette époque sans une toque de chef sur la tête. « C’était par jeu, cela créait entre nous une amusante complicité », note Michel Guérard, son cadet, lui aussi pâtissier de formation (Meilleur ouvrier de France 1956 section pâtisserie). Un jeu qui agaçait, quelquefois, et qui valut à Gaston Lenôtre une mise au point de la part de Raymond Thuillier, sur les mérites respectifs des cuisiniers et des pâtissiers, lors du discours que prononça ce dernier chez Maxim’s à l’occasion de ses 80 ans en présence du gratin de la profession. Puissamment aidé par Colette, sa première épouse, Gaston Lenôtre connaît dans les années 1970 un succès considérable. Pas un cocktail à la Mairie de Paris, après 1977, qui ne soit signé Lenôtre. Véritable Frégoli, le pâtissier est partout. Il est assisté par son frère Marcel qui lui ressemble comme un véritable jumeau, et se prête volontiers au jeu.

Lenôtre s’installe au Pré Catelan en 1976. Les boutiques et les franchises à l’exportation se multiplient. Disneyworld, dans le cadre d’Epcot Center à Orlando (Floride), lui donne, en 1982, la possibilité d’élargir ses activités jusqu’aux Etats-Unis, où il ouvre avec Paul Bocuse et Roger Vergé le pavillon de France, ainsi qu’une boulangerie qui connaît un succès immédiat. D’autres initiatives aux Etats-Unis, les années suivantes, seront beaucoup moins florissantes. A tel point qu’en 1985 le groupe Accor prendra le contrôle de Lenôtre et en assurera dans les années suivantes le développement et la notoriété internationale.

« Nous avons perdu un père et un ami », dit aujourd’hui Patrick Scicard, président du directoire de l’entreprise. Le président de la République, dans un communiqué, a rendu hommage au « maître de la gourmandise » que la ministre de la culture avait de son côté qualifié « d’ambassadeur de délices. » Dans la préface de l’ouvrage consacré à l’Ecole Lenôtre (Edition Jérôme Vilette, 2006), Gaston Lenôtre fait sienne la célèbre formule de Le Corbusier « la tradition consiste à créer son époque ». Au moment où s’imposait la nouvelle cuisine dans les années 1970, Gaston Lenôtre a su entrer dans le jeu des cuisiniers qui plaidaient pour un allégement des apprêts, des sauces et des temps de cuisson au prix « d’un travail qui devait rester invisible » selon l’expression de Joël Robuchon.

En pâtisserie, cela a donné la « feuille d’automne », gâteau à base de meringue, de mousse et de ganache au chocolat, sans crème pâtissière et avec assez peu de sucre. Pierre Hermé se souvient de la confection du temps où il était jeune apprenti des millefeuilles « trois fois par jour afin qu’ils soient toujours frais », avec une pâte feuilletée « au beurre, pas à la margarine », légèrement caramélisée et garnie de crème pâtissière allégée par la chantilly.

Gaston Lenôtre avait revendiqué l’invention du gâteau « opéra » (biscuit et ganache au chocolat parfumé au café). Rendons à César… Le père de l’ »opéra » est Cyriaque Gavillon de la maison Dalloyau. Mais ses bavarois, ses charlottes aux fruits, ses viennoiseries et ses macarons, dont il réinterprète les recettes, ont marqué toute une génération.

Il a su rompre avec un esthétisme forcené qui s’était développé au détriment du goût en mêlant des poudres lyophilisées, un peu d’eau et de la chantilly pour créer une palette d’arômes approximatifs et de couleurs vives. En bousculant les codes et les routines, « il a rendu au pâtissier la plénitude de son geste », dit aujourd’hui le cuisinier Alain Passard, qui est passé au début de sa carrière par le Pré Catelan.

Jean-Claude Ribaut (LE MONDE | 09.01.09 titre de l’article: Gaston Lenôtre, Patissier)

Dates clés

28 mai 1920
Naissance à Saint-Nicolas-du-Bosc (Eure).

1957
S’installe à Paris.

1971
Ouvre l’Ecole Lenôtre.

1985
Accor prend le contrôle du groupe Lenôtre.

8 janvier 2009
Mort à Sennely.

Par rouxses le 15 janvier, 2009 dans Premiere, Terminale
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11 janvier, 2009

La BCE et le « monstre » de l’inflation

http://www.dailymotion.com/video/kIwSuSQQFy7SmVpB3E

 

 

L’objectif de stabilité des prix (lutte contre l’inflation) est devenu la priorité des banques centrales dans les années 1980. Ce petit dessin animé édifiant vise à légitimer cette politique monétaire et l’indépendance de la banque centrale. Elle n’est donc plus attachée au pouvoir politique ce qui évite la tentation de la création monétaire « dispendieuse » qui ne crée que de l’inflation.

 

Question : quelle conception de la monnaie sous-tend cette politique économique (active, passive, libérale, keynésienne, quantitativiste, endogène …) ?

Par rouxses le 11 janvier, 2009 dans Premiere
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17 décembre, 2008

Domino’s Pizza

http://www.dailymotion.com/video/k183drRWSbBKYzbI9c

Une reportage sur une entreprise américaine pratiquant l’organisation scientifique du travail. Le travail y est fortement codifié (jusqu’à la coiffure) ce qui se traduit aussi par une certaine violence exercée sur un personnel composé d’étudiants surqualifiés, lesquels ne semblent pas adhérer complètement à la culture d’entreprise.

Si le montage, à charge, est remarquable, je n’approuve pas Pierre Carles quand il veut faire (cf générique) de ce documentaire une dénonciation du »travail ».

C’est plus la rigidité de la prescription taylorienne (et ses contradictions) qui est critiquée ici que le travail en général, à la limite on y montre aussi du doigt la précarité des « petits boulots » dans les services. Un travail peut très bien être plus épanouissant et enrichissant: le travail de journaliste d’investigation auquel Pierre Carles se livre ici avec jubilation par exemple !

Par rouxses le 17 décembre, 2008 dans Terminale
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