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17 décembre, 2008

Domino’s Pizza

http://www.dailymotion.com/video/k183drRWSbBKYzbI9c

Une reportage sur une entreprise américaine pratiquant l’organisation scientifique du travail. Le travail y est fortement codifié (jusqu’à la coiffure) ce qui se traduit aussi par une certaine violence exercée sur un personnel composé d’étudiants surqualifiés, lesquels ne semblent pas adhérer complètement à la culture d’entreprise.

Si le montage, à charge, est remarquable, je n’approuve pas Pierre Carles quand il veut faire (cf générique) de ce documentaire une dénonciation du »travail ».

C’est plus la rigidité de la prescription taylorienne (et ses contradictions) qui est critiquée ici que le travail en général, à la limite on y montre aussi du doigt la précarité des « petits boulots » dans les services. Un travail peut très bien être plus épanouissant et enrichissant: le travail de journaliste d’investigation auquel Pierre Carles se livre ici avec jubilation par exemple !

Par rouxses le 17 décembre, 2008 dans Terminale
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Sport et culture taylorienne

Le texte suivant montre que le taylorisme est plus qu’une simple technique d’organisation du travail, c’est un véritable système de normes et de valeurs (et donc une culture), particulièrement vivace aux Etats-Unis.

Sport et culture taylorienne krzyzewsky_main

Le sport américain : une culture taylorienne

Un Européen (que dire d’un Brésilien !) se trouvant sur un terrain de football aux Etats-Unis sera fort étonné de voir des joueurs, spontanément, s’entraîner des heures durant à faire des remises en touche, geste rarement travaillé ailleurs. Cette recherche de la spécialisation et de la mécanisation du geste, souvent présente en sport, est caractéristique de la conception américaine nourrie de culture taylorienne. On la trouvera encore plus développée au basketball, sport inventé aux États-Unis par un pasteur de la YMCA et « rationnellement conçu en vue d’une fin précise« . La recherche permanente d’efficacité productive s’y matérialise par l’application de la double division des tâches

- Division horizontale : les Américains ont inventé la notion de role player, celui oui a une fonction précise et limitée, telle que tirer de loin, neutraliser l’attaquant adverse ou récupérer les tirs manqués. Il n’intervient que sur certaines séquences d’action déterminées. Les schémas tactiques inlassablement répétés sont très rigoureusement appliqués.

- Division verticale : au moins dans le basket universitaire, l’entraîneur tout-puissant définit les tactiques, change les joueurs, imprime un style de jeu à l’équipe. Il n’est pas rare que les joueurs n’entrant pas dans les schémas tactiques du coach soient éliminés de l’équipe. L’entraîneur est souvent la vedette de l’équipe (il est aussi parfois le seul blanc, il est vrai…).

La rationalisation est facilitée par une utilisation permanente des statistiques (sur un match important, une équipe de statisticiens de dix personnes environ collecte l’information tout au long du match) portant sur une dizaine de critères de performances pour chaque joueur et pour l’ensemble de l’équipe. Les spectateurs et téléspectateurs, formés à la même culture, reçoivent ces statistiques en temps réel et savent les interpréter.

La taylorisation du basket souffre de deux exceptions : le jeu des rues, informel, est parfaitement libre. Le jeu professionnel, qui doit produire du spectacle pour être rentable, s’organise autour de quelques vedettes, les all around players, qui échappent aux consignes.

Cette organisation taylorienne s’oppose à la conception yougoslave du jeu, dans laquelle au contraire on privilégie le jeu libre. Elle a été illustrée par la transformation de la vedette croate D. Petrovic, fameux pour sa créativité et ses dons d’improvisation, transformé en véritable machine à tirer de loin quand il a rejoint une équipe américaine. Elle peut expliquer pourquoi la Yougoslavie, avec une base de 30 000 joueurs licenciés, a souvent menacé la suprématie des États-Unis, avec leurs millions de joueurs et leurs moyens financiers gigantesques.

Mais le plus taylorien des sports est aussi le plus exclusivement américain. Au football américain, l’équipe utilise des joueurs différents selon qu’elle attaque ou défend, avec des entraîneurs spécialisés sous l’autorité d’un entraîneur-chef. Certains joueurs sont entraînés chaque jour uniquement à neutraliser un adversaire dans une certaine position ou à tirer des coups de pieds (qui interviennent cinq à dix fois par match). L’ordinateur est utilisé pour définir la tactique à suivre, elle est donnée aux joueurs assemblés sur le terrain et définit précisément la position et l’action de chacun. Un seul joueur sur le terrain, le quaterback, possède une marge d’initiative.

Pascal Combemale et Arnaud Parienty, La Productivité, Nathan, 1994

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Par rouxses le 17 décembre, 2008 dans Terminale
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