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Une innovation : le conteneur standardisé

L’article suivant, tiré du quotidien Les Echos du 25 septembre 2006, illustre parfaitement la notion d’externalité de réseau que nous avons étudiée cette semaine en cours (pour expliquer les théories de la croissance endogène)  et la standardisation qu’elle nécessite pour pouvoir pleinement générer des rendements croissants. Cet exemple sera aussi important pour illustrer le chapitre sur la mondialisation des flux de marchandises (que vous étudiez actuellement en Histoire-Géographie).

Une innovation : le conteneur standardisé conteneur_1

 

LA BOÎTE QUI A CHANGÉ LE MONDE

Elle mesure 12 mètres de long, 2,6 ou 2,9 mètres de haut, et 2,4 mètres de large. Elle peut transporter jusqu’à 29 tonnes dans un volume d’utilisation recommandé de 60 mètres cubes, soit des marchandises d’une valeur d’environ 500.000 dollars (ou plus) vendues au détail. Cette boîte et son contenu peuvent être transportés en un mois partout dans le monde où il y a des ports équipés, des chemins de fer, des locomotives, des wagons plats, des semi-remorques, du gazole et des routes.

Cette boîte, c’est le conteneur standardisé. Il permet de transporter des marchandises non fragiles, non périssables, de toute usine moderne équipée d’une aire de chargement à tout entrepôt moderne n’importe où dans le monde, pour environ 1 % de la valeur au détail. Le transport s’effectue en effet pour un coût marginal d’environ 5.000 dollars, soit moins qu’un billet d’avion en première classe, comme le fait remarquer Marc Levinson, auteur de l’excellent ouvrage « The Box : How the Shipping Container Made the World Smaller and the World Economy Bigger ». Dans les années 1960, le coût du transport international de la plupart des marchandises représentait facilement 10 % à 20 % de la valeur au détail. Le conteneur a tout changé.

Lorsque ma famille a acheté un lave-linge allemand à San Leandro, en Californie, les dix minutes que la vendeuse a passé à nous présenter le produit, ou le transfert de l’aire de chargement de San Leandro aux rangées de lave-linge du magasin, ont coûté davantage que le voyage d’Allemagne à San Leandro. Finalement, le coût de la livraison à domicile était huit fois supérieur à celui du transport de la machine d’Allemagne au magasin où nous l’avons achetée.

Le monde n’est certainement pas « plat », comme le pense le chroniqueur du « New York Times » Thomas Friedman. Mais, en termes économiques, il est très petit pour les marchandises non périssables et non fragiles. Et pourtant, le monde n’est petit que pour ceux qui sont reliés au réseau de transport par conteneurs. Les zones dépourvues de l’infrastructure nécessaire demeurent éloignées du système commercial qui transporte des machines allemandes des usines westphaliennes aux entrepôts californiens pour une bouchée de pain.

Par exemple, si votre approvisionnement en électricité n’est pas fiable, de sorte que vous n’êtes pas sûr de pouvoir faire fonctionner la pompe à gazole, vous n’êtes pas relié au réseau. Si votre volume de production est insuffisant pour remplir 60 mètres cubes à destination d’un seul pays, vous n’êtes pas relié au réseau.

De même, si les fonds nécessaires pour réparer vos routes ont été détournés, et si personne ne veut y laisser circuler des camions, vous n’êtes pas relié au réseau. Si votre système judiciaire fonctionne si mal que peu d’étrangers lui font confiance pour garantir la propriété de leurs biens, vous n’êtes pas relié au réseau. Si personne ne connaît votre produit, vous n’êtes pas relié au réseau. Si vos entrepreneurs ne peuvent rien faire sans attirer des escrocs bénéficiant d’appuis politiques, vous n’êtes pas relié au réseau.

Pour toute zone pauvre de l’économie mondiale, être relié au réseau de transport par conteneurs est une chance immense. Mais il faut pour cela que tout – les infrastructures, l’échelle, l’administration, le gouvernement et la connaissance de votre production à l’étranger – fonctionne bien. Et si vous n’avez pas commencé par établir les liens permettant à vos ouvriers et à leurs patrons de savoir quels produits manufacturés sont susceptibles de générer une forte demande dans les zones riches postindustrielles de l’économie mondiale, peu importe que vous soyez relié au réseau.

On a fait couler beaucoup d’encre sur les technologies de télécommunications. Certes, aujourd’hui, vous pouvez parler à n’importe qui n’importe où. Mais c’est le conteneur standardisé qui semble avoir aboli les distances d’une manière plus efficace et jusqu’ici plus significative. Car, sur le plan commercial du moins, les marchandises que nous transportons par-delà les océans sont bien plus importantes que nos bavardages internationaux.

J. BRADFORD DELONG est professeur à l’Université de Californie (Berkeley).

 

Par rouxses le 14 novembre, 2008 dans Terminale

  1. bonsoir,
    désolée ms j’ai une notion qui est floue et une autre où je ne suis pas très sure de ce que j’ai compris. Voila la croissance externe au depart est vue comme etan une hausse proportionnelle du K et du travail ainsi que de la production par conséquenet . Mais on s’est apercu que c’etait faux car en fait ces facteurs (L et K) sont subtituables entre eux. -> un rendement decroissant. {ca c’est ce que je pense comprendre}.
    Parcontre la croissance interne ou endogene je ne voix pas bien ce que c’est , j’espere que vous aurez ma question ce soir, en tout les cas merci d’avance.

    Commentaire by Méryl Bouchet — 18 novembre, 2008 @ 18:21

  2. Merci Meryl pour ces questions.

    D’abord une précision, je n’ai pas parlé dans mon cours ni de croissance externe, ni de croissance interne(ces notions concernent l’augmentation de la taille des entreprises, on en parlera plus tard…) mais de croissance extensive et intensive. Attention à la prise de notes et aux abréviations !

    La première forme de croissance correspond au modèle standard néo-classique (gains de productivité constants) avec la menace de rendements décroissants (si le capital augmente plus vite que le travail)

    La seconde est liée à l’existence de gains de productivité. Le modèle néo-classique les explique grâce à l’apparition d’un troisième facteur: le résidu de la croissance ou progrès technique.

    Cette explication étant peu satisfaisante (le PT c’est quoi ? D’où sort-il ? Comment l’analyser ? cf le paradoxe de Solow) nous avons exploré d’autres analyses de la croissance:

    - la théorie de l’innovation de Schumpeter qui insiste sur le rôle de l’entrepreneur et cherche à expliquer l’existence de cycles économiques.

    - la théorie de la croissance endogène qui s’appuie sur les notions d’externalités (de réseau, de R&D), de capital humain, de rendements croissants et qui insiste sur le rôle de l’Etat et des infrastructures.

    En espérant avoir un peu clarifier les choses.

    Commentaire by rouxses — 18 novembre, 2008 @ 19:16

  3. Je viens de lire votre réponse, mais ce n’est pas plutôt la théorie de la croissance endogène qui s’appuie sur les externalités, le K humain, la connaissance alors qu’une croissance exogène induit un facteur inexplicable ?

    Commentaire by Zerrifi Maria — 18 novembre, 2008 @ 21:16

  4. Oui bien vu Maria, j’ai corrigé. La notion de « croissance exogène » n’existe pas en économie et ne peut se comprendre que « par l’absurde » si on l’oppose à a croissance endogène.

    Commentaire by rouxses — 18 novembre, 2008 @ 22:18

  5. Donc si je comprends bien la croissance endogene s’explique par l’apparition du progres technique ms je pensais que c’etait pour la croissance extensive…

    Commentaire by Méryl Bouchet — 18 novembre, 2008 @ 22:36

  6. La croissance endogène n’est pas un phénomène que l’on cherche à expliquer, c’est une explication de la croissance intensive c’est-à-dire des gains de productivité.

    Commentaire by rouxses — 18 novembre, 2008 @ 22:42

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