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Leçon sociologie CAPES : La ville peut-elle être considérée comme un « laboratoire du social » ?

Eléments de correction

 

L’expression laboratoire du social est entre guillemets car elle fait allusion à une formule de Rober Park, sociologue de l’école de Chicago. Il va sans dire que (re)connaître cette référence est un plus incontestable. Le mot laboratoire renvoie à la démarche scientifique : en quoi la ville est-elle un lieu privilégié pour la démarche sociologique (objets, ex. l’individualisme et méthode, ex. l’observation, l’enquête urbaine) ? Il faut bien sûr situer le contexte de l’urbanisation et la mettre en parallèle avec la naissance de la sociologie (entendue comme étude des « sociétés chaudes » en proie au changement social) au XIX°. Il peut être utile de faire référence à la dimension symbolique de la ville : image de modernité, de multiculturalisme (Babylone) mais aussi de décadence (idéologie romantique)

 

Un plan possible parmi d’autres (celui là insiste sur la dimension épistémologique de la ville laboratoire pour le sociologue mais on pouvait prendre l’angle plus instrumental de la politique urbaine, à condition de bien maîtriser les exemples liés à cette approche).

  I. La ville : un espace social objectivé

A. Ségrégation sociale/ségrégation spatiale

On montrera ici que la ville n’est pas un espace indifférencié. Cf géographie sociale de Booth. Pinçon. Stratégies d’habitation, orientation des quartiers, marché immobilier, gentrification (la bourgeoisie = classe historiquement urbaine). Ville = petite société concentrée observable directement (bâtiments, corps, vitrines…). P. ex. la traversée de la rue St Catherine est un petit voyage dans la société bordelaise. On peut aussi faire réf  à Yankee city de Warner (ville maquette de la société américaine).

 B. La ville support de la modernité

Figure urbaine (souvent traitée ici de façon abstraite et ideal typique): modernité, dialectique liberté/anomie (Simmel, Riesman…), communauté/société (Tönnies mais aussi Durkheim et Weber peuvent être ici mobilisés avec profit).

 

   II. La ville comme lieu d’interactions

A. Un terrain d’observations

Park écologie urbaine, réconciliation ethno/socio, observation participante, enquête (même s’il faut être prudent avec cette notion cf article Wikipédia). Lieu d’innovations méthodologiques, insertion du sociologue dans son terrain.

B. La ville trajectoire : désorganisation et intégration

Etudes sur la déviance (Violences « urbaines). Ecole de Chicago : paradigme de la ville stratifiée comme creuset de l’intégration (Burgess, Anderson) y compris par la déviance (Whyte) => démarche interactionniste et construction des normes (tradition américaine : Goffman, Becker, Merton). Ville = labo du changement social et des acteurs nouveaux (vision qui a influencé Dubet dans la Galère).

Conclusion

Ville terrain privilégié car s’y posent les pb constitutifs de la sociologie moderne (anomie, déviance, inégalités…) Ex récent étude de Wacquant sur la boxe (Corps et âme) qui se situe dans le ghetto noir de Chicago. Ouverture : ville terrain d’expériences politiques (ex. plan banlieue) mais aussi de préconstructions (ex les pb de banlieur, la violence (forcément ?) urbaine… La sociologie et la société ont peut-être oublié les non urbains qui ne sont pas forcément des ruraux : cf la France Invisible, les « gars du coin »…

 

Quelques pistes bibliographiques (j’ai privilégié les références rapidement accessibles)

 

Beaud Stéphane (dir. ) La France invisible

Daniel Breslau, « Robert Park et l’écologie humaine » et « L’école de Chicago existe-t-elle ? », Actes de la Recherche en Science sociales 74, 1988, pp. 55-65 (lisibles en ligne : http://www.persee.fr)

Fijalkow Yankel, sociologie de la ville, Repères, La Découverte

Grafmeyer Yves, Sociologie urbaine, Aramnd Colin collection 128.

U. Hannerz -Explorer la ville – Minuit – 1983

Pinçon, Pinçon-Charlot ? Dans les beaux quartiers, Sociologie de la bourgeoisie, de Paris

Renahy Nicolas, Les gars du coin, Enquête sur une jeunesse rurale. La Découverte, 2005. (présentation en ligne : http://socio.ens-lsh.fr/livres/livres_renahy_presentation.php)

Topalov Christian, La ville, « terre inconnue ». L’enquête de Charles Booth et le peuple de Londres, 1886-1891, Genèses n°5, 1991, (article remarquable consultable aussi sur Persée).

Wacquant Loïc, Corps et âme, Agone.

W. F. Whyte – Street Corner Society – La Decouverte

 

Quelques liens encore :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie_urbaine

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Chicago_%28sociologie%29

 

Un morceau de la carte de Booth: (cliquez sur la carte pour en savoir plus)

 

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booth-map1 dans CAPES 

1. YELLOW: Upper-middle and Upper classes. Wealthy. 2. RED: Middle class. Well-to-do
3. PINK: Fairly comfortable. Good ordinary earnings. 4. BLUE: Poor. 18s. to 21s. a week for a moderate family

 

Par rouxses le 31 octobre, 2008 dans CAPES

  1. Messieurs,

    J’ai lu avec beaucoup d’interets votre lecon reprise ci-dessus et me sens tres edifie par vos explications.

    Tout en m’escrivant parmi les lecteurs de vos articles, je vous prie de bien vouloir recevoir mes meilleures salutations.

    Jean-pierre MPUNGA

    Commentaire by Jean-pierre MPUNGA — 6 décembre, 2009 @ 13:34

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